Quentin Durward

Lorsque j’étais enfant, les chevaliers et les princesses des contes me faisaient rêver. C’est donc tout naturellement que j’ai dévoré Ivanhoe quelques années plus tard. Pendant les fêtes, j’ai eu envie de retrouver le Moyen Âge héroïque et romantique de Walter Scott et je me suis plongée dans un autre roman de cet auteur Quentin Durward.

Delacroix, Quentin Durward et le balafré (esquisse)

Après la forêt anglaise et les errances de Richard Cœur de Lion, quelle ne fut pas ma surprise d’arriver sur les berges de la Loire, au Plessis-lès-Tours, sous le règne de Louis XI.

Louis XI, portrait anonyme du Brooklyn Museum

C’est pourtant le souverain français que Quentin Durward, jeune Ecossais aussi pauvre que fier, décide de servir après quelques hésitations. Mais si le monarque n’a ni l’honnêteté ni le faste dont rêve Quentin, il accepte de protéger une belle comtesse, blonde et orpheline, menacée d’un mariage qu’elle refuse par son suzerain, Charles le Téméraire. Il n’en faut pas plus au jeune héros pour accepter la mission confiée par le roi, conduire Isabelle de Croye à Liège, où elle devrait bénéficier de la protection de l’évêque.

Evidemment, les trahisons et les combats vont se succéder, au cours desquels Quentin Durward devra prouver sa vaillance et son amour.

Pour moi, ce roman n’égale pas Ivanhoe, mais je l’ai tout de même lu avec plaisir. Si vous appréciez les romans historiques, vous y trouverez ce mélange d’aventure et de détails avérés qui me plaît. Walter Scott n’oublie ni la pingrerie de Louis XI, ni les médailles sacrées qui ornent son chapeau, ni surtout les fameuses cages du donjon de Loches sur lesquelles il revient plusieurs fois avec un frisson de plaisir.

Le donjon de Loches

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L’aube spirituelle

Pour cette nouvelle année et ce lendemain de réveillon, c’est avec Baudelaire que je veux commencer.

Dans L’aube spirituelle, le Spleen marque le texte dès le premier vers. Le poète évoque une nuit de débauche dont il ne reste, pour l’homme réduit au rang de « brute », que des souvenirs « fumeux ».

Charles Hermans, A l’aube

Mais cet état sinistre est balayé par l’Idéal : la pureté, l’azur et le soleil illuminent subitement le poète guidé par l’image d’une « Déesse », muse ou femme aimée, qui efface les ombres d’un passé sordide.

Caspar David Friedrich, Femme dans le soleil couchant

Quand chez les débauchés l’aube blanche et vermeille
Entre en société de l’Idéal rongeur,
Par l’opération d’un mystère vengeur
Dans la brute assoupie un ange se réveille.

Des Cieux Spirituels l’inaccessible azur,
Pour l’homme terrassé qui rêve encore et souffre,
S’ouvre et s’enfonce avec l’attirance du gouffre.
Ainsi, chère Déesse, Etre lucide et pure,

Sur les débris fumeux des stupides orgies
Ton souvenir plus clair, plus rose, plus charmant,
A mes yeux agrandis voltige incessamment.

Le soleil a noirci la flamme des bougies ;
Ainsi, toujours vainqueur, ton fantôme est pareil,
Ame resplendissante, à l’immortel soleil !

Je vous souhaite de belles lectures, une aube chaque jour plus claire, plus rose et plus charmante, et des rencontres bienfaisantes et lumineuses.

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Animaux martyrisés au Louvre

Au Louvre, il y a bien sûr les incontournables, les chefs-d’oeuvre, les merveilles majestueuses que l’on peut voir et revoir sans se lasser, mais il y a aussi des pièces qui m’amusent et m’attendrissent par leur aspect naïf ou par ce que le temps en a laissé.

Moi qui suis toujours prête à nourrir les chats abandonnés, en particulier les estropiés, les pelés et les boiteux, je rêve de pouvoir ramener celui-ci chez moi le temps qu’il se refasse une santé.

Mari, temple aux lions

Le mystère plane toujours sur le terrible accident que cette pauvre bête a subi mais je crois avoir un début de piste : dans une salle voisine, je pense avoir repéré un témoin, voire un responsable de l’affaire. Vu son air piteux, il a quelque chose à se reprocher, c’est sûr !

Buste d’orant

La dernière fois que je suis allée au musée, j’ai pris conscience de quelque chose de plus grave encore, c’est que nous sommes probablement confronté à de dangereux maniaques qui n’en sont pas à leur premier forfait ! Le peu qu’il reste de ce lion en témoigne.

Ivoire d’Arslan Tash

Je me suis demandée si Poutine ne s’était pas toqué de cibles plus rares que les tigres, quand j’ai surpris coup sur coup deux terribles attaques. D’un côté, un effrayant barbu au regard pervers fouettait un très jeune lion …

Héros maîtrisant un lion

… de l’autre, un homme impassible poignardait sauvagement une bête adulte.

Assurbanipal triomphant d’un lion

Une autre victime a survécu, un sanglier cette fois, mais il est encore traumatisé par son agression comme le prouve son regard halluciné. Il faudra donc attendre encore avant de pouvoir l’interroger.

Pendeloque en forme de sanglier

Si comme moi, cette affaire vous intrigue, n’hésitez pas à mener l’enquête sur place. Je suis prête à parier que vous y trouverez d’autres pistes passionnantes.

La plupart de ces oeuvres sont exposées dans le département des Antiquités orientales ; le sanglier est dans la section des objets d’art.

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Un paquebot dans les arbres

Pour moi, la tuberculose était une maladie du XIXème siècle, celle qui avait emporté la Julie du Lac de Lamartine, ou la Dame aux camélias mais je l’ai vue resurgir pendant les Trente Glorieuses à travers le roman de Valentine Goby, Un paquebot dans les arbres.

L’héroïne est la jeune Mathilde Blanc, fille de Paul et d’Odile. Elle passe une enfance heureuse dans le café que tiennent ses parents, centre névralgique du village auquel son père transmet sa joie de vivre, son enthousiasme et sa générosité. Mais ce père qu’elle adore, puis sa mère, sont atteints par la tuberculose, et, alors que le café n’avait jamais désempli, les Blanc vont se retrouver observés, mis à distance, abandonnés et rejetés. Pire pour Mathilde, sa famille est séparée lorsque les parents sont envoyés au sanatorium, ce grand paquebot blanc qui ne mène nulle part, et que son jeune frère et elle sont placés dans des familles d’accueil différentes. La jeune fille se bat alors contre la misère qui s’installe, misère affective des membres séparés, et misère financière car ses parents ne bénéficient pas de la sécurité sociale.

Le sanatorium d’Aincourt

Eprise de liberté et forte d’un courage à toute épreuve, la jeune fille rebelle, garçon manqué aventureux, est seule pour lutter contre un monde indifférent et égoïste, où la tuberculose est comme une insulte et une menace aux rêves de croissance et de confort matériel.

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/un-paquebot-dans-les-arbres

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Ce jour-là

Après avoir vu plusieurs expositions consacrées aux photos de Willy Ronis, j’ai acheté Ce jour-là, un petit livre que l’artiste consacre aux plus célèbres de ses œuvres.

J’avais déjà vu la plupart des photos reproduites dans le livre mais je les ai redécouvertes au fil des pages. Willy Ronis situe le moment, le lieu, et l’ambiance des scènes qu’il a saisies. La légèreté des guinguettes, le travail des ouvriers, la sérénité des étés en famille, les transformations de Paris, …

Loin d’en briser la magie, ses explications nous invitent à porter un nouveau regard sur les photos présentées.

Et au fur et à mesure, c’est Willy Ronis lui-même que nous voyons apparaître. « J’ai la mémoire de toutes mes photos, écrit-il, elles forment le tissu de ma vie. » En effet, il se révèle lentement en confiant les projets, les émotions et les souvenirs liés à chaque photo.

C’est finalement l’autoportrait d’un véritable humaniste qui se dessine, un artiste sensible qui trouve une part d’universel dans les instants individuels qu’il représente.

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