Un air de printemps

Après un long hiver, le printemps est enfin de retour. Il brille dans les jardins, et éclot sur cette page pour un dernier article.

Tout, chez Botticelli, embaume, respire le bonheur de vivre et donne envie d’aller profiter de cette délicieuse primavera dans le vert tendre des jeunes pousses. Les fleurs s’épanouissent, les oiseaux gazouillent, les nymphes dansent et le vent d’hiver n’a plus qu’à prendre congé.

Botticelli m’attire vers l’Italie pour y goûter la douceur du printemps et m’y imprégner de la beauté du quattrocento. Comment résister à cet appel ? Il ne me reste qu’à glisser une robe légère dans ma valise pour aller cueillir des fruits délicieux et gambader, pieds nus dans l’herbe et dans les fleurs.

Je mets donc un point final à ce blog en vous souhaitant à tous de belles lectures, de passionnants voyages, d’enrichissantes rencontres et un printemps toujours fleuri et parfumé.

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Guillaume Prévost, Force noire

Un jour, Alma, décide de fuguer. Entre sa mère débordée, son beau-père insignifiant et ses frères insupportables, l’adolescente a l’impression de n’exister que pour entendre des reproches ou des injonctions de faire la vaisselle. Elle se réfugie alors dans une chambre de bonne au-dessus de l’appartement familial, et c’est là qu’elle va faire une rencontre inattendue.

Dans une chambre contiguë, elle découvre un très vieil homme penché sur d’anciens documents et sur des photos jaunis.

Pendant quelques jours, Bakary Sakoro va raconter son histoire à Alma, de son enfance dans un village malien à son engagement dans les bataillons africains de la première guerre mondiale. Peu à peu, Alma cesse ses remarques provocantes et se passionne pour le récit du vieil homme. Elle découvre l’horreur du Chemin des Dames, les missions périlleuses que l’on imposait aux soldats des colonies et les injustices dont ils étaient victimes. Pour surmonter ces épreuves, Bakary comptait sur Force noire, le talisman qui avait appartenu à son grand-père, mais il était également soutenu par l’amitié de trois autres tirailleurs et par l’amour qu’il portait à Jeanne, une jeune femme blanche, fille d’un général.

L’histoire de Bakary, autant que la personnalité droite et courageuse du vieil homme, font réfléchir l’adolescente et l’amènent à se questionner sur elle-même et sur sa propre famille.

Un beau récit, dans lequel Guillaume Prévost a savamment équilibré les faits historiques et l’histoire individuelle pour nous donner un roman aussi intéressant que vivant et touchant.

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Quentin Durward

Lorsque j’étais enfant, les chevaliers et les princesses des contes me faisaient rêver. C’est donc tout naturellement que j’ai dévoré Ivanhoe quelques années plus tard. Pendant les fêtes, j’ai eu envie de retrouver le Moyen Âge héroïque et romantique de Walter Scott et je me suis plongée dans un autre roman de cet auteur Quentin Durward.

Delacroix, Quentin Durward et le balafré (esquisse)

Après la forêt anglaise et les errances de Richard Cœur de Lion, quelle ne fut pas ma surprise d’arriver sur les berges de la Loire, au Plessis-lès-Tours, sous le règne de Louis XI.

Louis XI, portrait anonyme du Brooklyn Museum

C’est pourtant le souverain français que Quentin Durward, jeune Ecossais aussi pauvre que fier, décide de servir après quelques hésitations. Mais si le monarque n’a ni l’honnêteté ni le faste dont rêve Quentin, il accepte de protéger une belle comtesse, blonde et orpheline, menacée d’un mariage qu’elle refuse par son suzerain, Charles le Téméraire. Il n’en faut pas plus au jeune héros pour accepter la mission confiée par le roi, conduire Isabelle de Croye à Liège, où elle devrait bénéficier de la protection de l’évêque.

Evidemment, les trahisons et les combats vont se succéder, au cours desquels Quentin Durward devra prouver sa vaillance et son amour.

Pour moi, ce roman n’égale pas Ivanhoe, mais je l’ai tout de même lu avec plaisir. Si vous appréciez les romans historiques, vous y trouverez ce mélange d’aventure et de détails avérés qui me plaît. Walter Scott n’oublie ni la pingrerie de Louis XI, ni les médailles sacrées qui ornent son chapeau, ni surtout les fameuses cages du donjon de Loches sur lesquelles il revient plusieurs fois avec un frisson de plaisir.

Le donjon de Loches

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L’aube spirituelle

Pour cette nouvelle année et ce lendemain de réveillon, c’est avec Baudelaire que je veux commencer.

Dans L’aube spirituelle, le Spleen marque le texte dès le premier vers. Le poète évoque une nuit de débauche dont il ne reste, pour l’homme réduit au rang de « brute », que des souvenirs « fumeux ».

Charles Hermans, A l’aube

Mais cet état sinistre est balayé par l’Idéal : la pureté, l’azur et le soleil illuminent subitement le poète guidé par l’image d’une « Déesse », muse ou femme aimée, qui efface les ombres d’un passé sordide.

Caspar David Friedrich, Femme dans le soleil couchant

Quand chez les débauchés l’aube blanche et vermeille
Entre en société de l’Idéal rongeur,
Par l’opération d’un mystère vengeur
Dans la brute assoupie un ange se réveille.

Des Cieux Spirituels l’inaccessible azur,
Pour l’homme terrassé qui rêve encore et souffre,
S’ouvre et s’enfonce avec l’attirance du gouffre.
Ainsi, chère Déesse, Etre lucide et pure,

Sur les débris fumeux des stupides orgies
Ton souvenir plus clair, plus rose, plus charmant,
A mes yeux agrandis voltige incessamment.

Le soleil a noirci la flamme des bougies ;
Ainsi, toujours vainqueur, ton fantôme est pareil,
Ame resplendissante, à l’immortel soleil !

Je vous souhaite de belles lectures, une aube chaque jour plus claire, plus rose et plus charmante, et des rencontres bienfaisantes et lumineuses.

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Animaux martyrisés au Louvre

Au Louvre, il y a bien sûr les incontournables, les chefs-d’oeuvre, les merveilles majestueuses que l’on peut voir et revoir sans se lasser, mais il y a aussi des pièces qui m’amusent et m’attendrissent par leur aspect naïf ou par ce que le temps en a laissé.

Moi qui suis toujours prête à nourrir les chats abandonnés, en particulier les estropiés, les pelés et les boiteux, je rêve de pouvoir ramener celui-ci chez moi le temps qu’il se refasse une santé.

Mari, temple aux lions

Le mystère plane toujours sur le terrible accident que cette pauvre bête a subi mais je crois avoir un début de piste : dans une salle voisine, je pense avoir repéré un témoin, voire un responsable de l’affaire. Vu son air piteux, il a quelque chose à se reprocher, c’est sûr !

Buste d’orant

La dernière fois que je suis allée au musée, j’ai pris conscience de quelque chose de plus grave encore, c’est que nous sommes probablement confronté à de dangereux maniaques qui n’en sont pas à leur premier forfait ! Le peu qu’il reste de ce lion en témoigne.

Ivoire d’Arslan Tash

Je me suis demandée si Poutine ne s’était pas toqué de cibles plus rares que les tigres, quand j’ai surpris coup sur coup deux terribles attaques. D’un côté, un effrayant barbu au regard pervers fouettait un très jeune lion …

Héros maîtrisant un lion

… de l’autre, un homme impassible poignardait sauvagement une bête adulte.

Assurbanipal triomphant d’un lion

Une autre victime a survécu, un sanglier cette fois, mais il est encore traumatisé par son agression comme le prouve son regard halluciné. Il faudra donc attendre encore avant de pouvoir l’interroger.

Pendeloque en forme de sanglier

Si comme moi, cette affaire vous intrigue, n’hésitez pas à mener l’enquête sur place. Je suis prête à parier que vous y trouverez d’autres pistes passionnantes.

La plupart de ces oeuvres sont exposées dans le département des Antiquités orientales ; le sanglier est dans la section des objets d’art.

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