Danièle Sallenave, D’amour

 Un texte autobiographique, centré sur deux proches de l’auteure. Sa tante Odette, suicidée sur une voie ferrée peu avant ses soixante-quinze ans, et Pierre, l’ancien amant qui s’est laissé mourir. L’une, incorrigible coquette, qui s’aimait trop et se frottait violemment la peau à l’eau de javel pour en faire disparaître les taches de vieillesse, et l’autre, féru de culture et de peinture italienne, qui ne s’aimait pas. Mais tous deux aimés. Par l’auteure. Par leurs époux respectifs. Et souffrant.

C’est la dernière page, qui figure en quatrième de couverture, qui m’avait attirée. Tout ne m’a pas plu dans ce texte, mais pour ces dernières lignes, il faut le lire.

 » Tu veux choisir l’enfer ? Alors, choisis-le, mais n’hésite pas, ne reste pas dans l’entre-deux, vas-y ! Hurle avec lui, déchire-toi, mais vraiment, et pas seulement du bout des ongles ! Déchire-toi, lacère cette chair vive, ne te ménage pas, ouvre les yeux ! Avance, appuie-toi sur moi, mais avance, je t’en prie, avance ! Ne regarde pas derrière toi, il n’y a que la séduction vile des abris, les familles, le repos sans grandeur. Moi, je n’irai pas plus loin, car au-delà d’un certain point, propre à chacun, il faut aller seul.

Va, ne te retourne pas, tu ne risques rien que tu n’aies déjà perdu. Va, ne crains rien. « 

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Marie-Claude Bérot, Ninon-Silence

Un soir, alors qu’elle devrait dormir, Ninon surprend la conversation de ses parents et entend qu’elle n’est pas la fille de son père. Elle se sent alors submergée par les vagues d’une tempête qui n’en finit pas, et se mure dans le silence. Les jours passent et elle semble avoir perdu la parole, alors qu’elle aurait tant à dire et à demander.

Elle parvient à s’exprimer par quelques gestes ou dessins auprès de son amie Sandra qui la connaît si bien, mais c’est surtout avec son grand-père, un vieux berger taiseux qu’elle part retrouver dans les Pyrénées, qu’elle sent finalement que son silence est écouté et compris.

Un beau petit roman, pour les lecteurs à partir d’une dizaine d’années.

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Home, sweet home

Une petite maison où couler des jours heureux, un jardin un peu négligé, et la sérénité du soir : puisque Baudelaire semble y trouver l’apaisement, pourquoi bouder ce tranquille bonheur ?

Cézanne, La table de cuisine

Je n’ai pas oublié, voisine de la ville,
Notre blanche maison, petite mais tranquille;
Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus
Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus,
Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe,
Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe
Semblait, grand oeil ouvert dans le ciel curieux,
Contempler nos dîners longs et silencieux,
Répandant largement ses beaux reflets de cierge
Sur la nappe frugale et les rideaux de serge.

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Le retour à la terre

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Manu et Mariette ont quitté leur ville de banlieue pour s’installer à la campagne. Entre les cartons à vider, les voisins curieux, le chat déboussolé et la découverte de la nature, le programme est vaste. Une excellente BD de Ferri et Larcenet, que je relis avec plus de plaisir à chaque déménagement.

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Le camion est arrivé, les cartons sont bien là, nous n’avons pas oublié les chats. Il ne nous reste plus qu’à faire connaissance avec les voisins … et à tout ranger.

Norman Rockwell, New kids in the neighborhood

Norman Rockwell, New kids in the neighborhood

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