Trois petits tours (aux Enfers) et puis s’en vont !

May the Force be with you.

La descente aux Enfers … Rien de pire que cette irrévocable chute ! Pourtant certains héros, et non des moindres, en sont revenus indemnes. Voici donc quelques conseils pour trouver l’issue de secours si vous vous égarez au plus profond des ténèbres …

Adeptes des salles de sport, amis culturistes, gros baraqués et forts des Halles, soyez rassurés : si vous êtes un jour précipités en enfer, il vous sera facile de sortir de ce mauvais pas. Faites confiance à vos muscles et à votre instinct : enfoncez tout devant vous, défoncez les obstacles et foncez vers la liberté ! Un illustre prédécesseur a prouvé l’efficacité de la méthode forte et est resté une référence, de l’Antiquité jusqu’à nos jours, c’est Héraclès !

Rubens, Hercule domptant Cerbère

Une divinité chtonienne ? Même pas peur ! Un gigantesque chien à trois têtes et à la crinière de serpents ? Couché, le cleb’s ! Vilain toutou !
Pour en finir avec les travaux que lui imposait son cousin Eurysthée, Héraclès surmonta une douzième épreuve : il lui amena Cerbère, le terrible gardien des Enfers qu’il maîtrisa sans arme, à la seule force de ses bras !
Ne cherchez pas à finasser, laissez tomber toute subtilité et retournez à vos haltères : des bras musclés et des épaules larges seront vos meilleurs garanties pour rejoindre le monde des vivants !

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L’art de se reconstruire

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure
Aragon, Les yeux d’Elsa

Ces derniers temps ont été éprouvants pour moi et je me sentais perdue ou détruite. Je n’avais envie de rien, surtout pas de quitter mon canapé mais comme j’avais prévu de longue date des vacances avec un ami, je l’ai tout de même accompagné en Suède comme convenu. Nous nous sommes rendus au musée d’art moderne de Stockholm, où je parcourais les salles passivement, l’esprit ailleurs, à peu près aussi concentrée devant les toiles qu’une vache devant le train qui passe.

Et d’un coup, une oeuvre m’a sauté au visage. Un grand Apollon de Matisse, lumineux, débordant d’une force calme et d’une énergie radieuse. C’est en m’approchant que j’ai vu qu’il s’agissait d’un collage.

Henri Matisse, Apollon, 1953, collage (327 x 423 cm), Musée d’art moderne, Stockhom

Pris séparément, les éléments découpés offraient peu d’intérêt : une fleur, la base d’une colonne, au mieux le visage, au pire une forme abstraite. Mais c’est dans l’assemblage, le travail de composition et d’agencement que tout prenait son sens. Ces bouts de papier épars, comme autant de fragments brisés, finissaient par constituer une grande oeuvre, harmonieuse, forte et porteuse de sens.

Le parallèle avec mes émotions du moment s’est imposé à moi. A partir de ces papiers colorés insignifiants, Matisse avait créé une unité vivante qui émanait de la toile et captait les regards des visiteurs avec une force magnétique.

Je suis restée longtemps à contempler cet Apollon, à me nourrir de sa force et de la chaleur symbolique qui s’en dégageait. Lorsque j’ai finalement quitté la salle, je savais que ce moi brisé, ces petits morceaux jetés à terre, pourraient me permettre de créer une nouvelle identité, originale, complexe et riche. Solaire et triomphante.

Finalement, rien de tel que des collages pour prendre un peu de hauteur !

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Le chat

Cette semaine, plus qu’à l’ordinaire encore, internet a été envahi de mignons chatons, de petites bêtes ronronnantes ou de gros matous marrants : le 8 août est officiellement la journée du chat !

Sur les réseaux sociaux, sous forme de photos, vidéos ou gifs, ils sont partout mais cette fascination ne date pas d’hier : sans remonter jusqu’à l’Antiquité égyptienne, il suffit de lire Baudelaire pour s’en convaincre.

                  Le chat

Van Dongen, Femme avec chat

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux
Retiens les griffes de ta patte ;
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton dos électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

 

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Arturo Pérez-Reverte, Le capitaine Alatriste

Lorsque j’étais adolescente, j’ai dévoré Les trois mousquetaires de Dumas et je garde un goût prononcé pour les romans de cape et d’épée.

Je me suis donc laissé séduire par la couverture du Capitaine Alatriste d’Arturo Pérez-Reverte : sous un chapeau gigantesque, un beau ténébreux à l’oeil noir et à la moustache fine se prépare au combat. Habileté à l’épée, fierté ombrageuse, visage à la fois mélancolique et résolu, j’y retrouve à la fois Cyrano, Sigognac et d’Artagnan ; je ne suis pas loin de tomber amoureuse du personnage comme quand j’avais quatorze ans !

Et je n’ai pas été déçue ; le beau bretteur s’est révélé à la hauteur de mes rêveries de petite fille (enfin, d’ex petite fille) ! Ancien soldat sans le sou, Alatriste vend son bras et son épée aux maris trompés, aux créanciers impatients ou aux riches Madrilènes aussi soucieux de venger leur honneur que de préserver leur vie. C’est ainsi que le spadassin est engagé par des hommes masqués pour tendre une embuscade à deux mystérieux voyageurs… et qu’il se retrouve malgré lui au coeur d’un complot politique et religieux.

Le roman de Pérez-Reverte nous jette dans l’aventure tout en nous plongeant dans l’Espagne du siècle d’or. En suivant le capitaine, nous découvrons les tavernes de Madrid mais nous côtoyons aussi Vélazquez, Calderon et le jeune Philippe IV. Ainsi qu’un autre personnage historique, Buckingham, que j’avais justement découvert chez Dumas. Je retrouve tout le plaisir de mes premières amours !

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Chienne de canicule !

Tout le pays souffre en ce moment de la canicule. Chacun essaie de trouver un peu de fraîcheur et fait preuve d’ingéniosité pour éviter cette chaleur accablante ou pour la rendre moins pénible mais peu de gens connaissent le vrai coupable de cette fournaise. Car il en existe un ! Je vous le livre en exclusivité, le responsable de la canicule … est un chien. Ou plus précisément une chienne, une petite chienne !

Non, je ne suis pas victime d’une insolation et je ne délire pas ; l’explication est finalement bien simple.

Dans la mythologie grecque, Sirius était le chien du chasseur Orion. Lorsque son maître mourut, il fut transformé en constellation par Artémis et, pour ne pas le séparer de son fidèle compagnon, la déesse créa en même temps celle du Grand Chien (Canis Major), dont Sirius devint l’étoile la plus brillante. Cet astre était nommé canicula c’est-à-dire « la petite chienne ».

Illustration de l’Atlas coelestes, 1753.

Or, pendant les périodes de forte chaleur, de fin juillet à fin août, l’étoile se lève et se couche en même temps que le soleil. Il était donc tentant de voir un lien entre les deux phénomènes et d’associer les températures excessives à cette canicula. C’est ce que nous faisons encore aujourd’hui sans le savoir !

Pour conclure avec un texte de circonstance, voici un poème d’Anna de Noailles.

        Chaleur

Tout luit, tout bleuit, tout bruit ;
Le jour est brûlant comme un fruit
Que le soleil fendille et cuit.

Chaque petite feuille est chaude
Et miroite dans l’air où rôde
Comme un parfum de reine-claude.

Du soleil comme de l’eau pleut
Sur tout le pays jaune et bleu
Qui grésille et oscille un peu.

Un infini plaisir de vivre
S’élance de la forêt ivre,
Des blés roses comme du cuivre.

 

Van Gogh, Champ de blé aux corbeaux, 1890
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